Aller vivre en Suisse: la bonne idée ?

On peut choisir de s’expatrier pour plusieurs raisons : le travail, la famille, de meilleures conditions de vie, le ras le bol de la situation dans son pays… Reste que devenir un étranger du jour au le lendemain n’est pas forcément facile. Ceux qui pensent à la Suisse pour couler des jours heureux doivent doivent pendre en compte les formalités d’entrée dans le pays, celles pour y rester sur le long terme et les possibilités d’y travailler, d’y acheter une voiture, de penser à combien se montent les impôts et comment les payer… Comment fait-on pour acheter une maison en Suisse, faut-il des autorisations… Les familles doivent aussi porter une attention particulière à la scolarité et aux remboursements des soins de santé.

Un déménagement en Suisse réussi : les points clés


Faire venir une entreprise de déménagement et charger le camion sera presque le plus facile. Mais rappelez-vous que vous allez passer une frontière, et avec toutes vos affaires, cela peut poser problème si vous n’avez pas fait cela dans les règles. On ne passe pas d’un pays à l’autre avec sa maison sur le dos, comme un escargot, sans avoir respecter les formalités en vigueur. Car si vous ne faites rien, toutes vos affaires, vos meubles, vos appareils, vos ordinateurs seront taxés par le biais d’une redevance.

Pour éviter de payer, il faut avoir au moment du déménagement une preuve que vous allez bien changer de domicile. Celle-ci peut être votre nouveau bail en Suisse, ou une attestation de votre employeur (contrat de travail). Quand vous arriverez au bureau de la douane à la frontière (vous ne pourrez pas déménager la nuit mais pendant les horaires d’ouverture), il faudra que tous les objets et meubles soient listés. Ils ne peuvent être neufs, ils doivent avoir au moins 6 mois.

Faut-il un visa ?

Faire partie de l’espace Schengen, n’en déplaisent aux anglais est une chance quand on veut s’installer en Suisse. On peut franchir la frontière sans problèmes si on en fait partie. Schengen, c’est 26 pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Principauté de Liechtenstein, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse.

Pour les ressortissants d’autres pays, il faut une autorisation de voyager.

Se loger en Suisse


Vaut-il mieux acheter ou louer ? Quand on est étranger on se pose la question à juste titre. Bon les membres de l’union européenne sont mieux lotis, car ils sont considérés comme des suisses face à un achat immobilier et n’ont pas d’autorisation à obtenir. Pour les autres, ceux qui sont d’un pays hors UE, il faut un titre de séjour en règle, faire du logement son habitation principale et obtenir une autorisation de le faire pour certains types de biens immobiliers. Attention : être propriétaire en Suisse ne signifie pas avoir le droit d’y résider.

La bonne démarche à adopter est de contacter le registre foncier du canton sur place et de voir avec eux si tout est en règle concernant votre achat.

La couverture maladie


On n’y pense pas quand on a 20 ans, mais avec le temps qui passe, le remboursement des soins de santé devient primordiale. Et quand on a des enfants, c’est une nécessité absolue. En Suisse, il est obligatoire de prendre une assurance. Si vous pensiez pouvoir vous en passer, et bien tant pis pour vous : pas de passe droit. Le nouveau résident suisse a 3 mois pour souscrire son assurance santé. Seuls les frontaliers (qui travaillent en Suisse mais qui n’y habitent pas) peuvent conserver une assurance maladie française. Sinon, pour tout ce qui concerne les accidents du travail, le congé maternité, les allocations familiales et la retraite, ceux qui travaillent en Suisse cotisent pour cela.

Pour les indemnités chômage, le système fonctionne comme en France. On cotise sur place. Si par malheur on n’a plus de travail, on est indemnisé par l’assurance chômage du pays. En Suisse, il s’agit de l’ORP (office régional de placement). Pour les frontaliers qui habitent en France mais qui travaillent en Suisse, c’est au pays de résidence de prendre en charge ces indemnités là.

Payer ses impôts en Suisse


Ils sont prélevés à la source. Avantage du système : on ne dépense pas l’argent du à l’administration fiscale. Inconvénient : on paye de suite, dès que son salaire est versé. C’est le patron qui s’en charge, l’employé n’a rien à faire. Seul l’impôt sur la fortune est prélevé à posteriori.

En revanche, à chaque canton son taux d’imposition. Certains sont plus généreux que d’autres, mieux vaut donc étudier les taux avant de s’installer durablement.

Travailler en Suisse


Si vous ne trouvez pas de travail, on a toujours la possibilité de placer son argent en Suisse chez un gestionnaire de fortune, pour le faire travailler et bénéficier des compétences du secteur bancaire dans le pays. Pour postuler, il faut s’informer sur le poste, l’entreprise et le canton visé. Rien ne sert d’envoyer 1000 candidatures spontanées. Un entretien, ça se préparer, souvent pendant plusieurs jours. Mais depuis Internet, c’est vrai que cela est plus facile, surtout pour trouver les annonces.

Prêtez une attention particulière à votre CV, les suisses sont très regardants là dessus. Même chose pour la lettre de motivation. Un employeur s’intéressera autant au fond qu’à la forme. Et ils différent par rapport à la France. Ainsi, en Suisse on doit détailler, alors que le modèle français serait plus de synthétiser l’information. Ce sont les compétences et le profil qui feront la différence. Plus vous serez spécialisé, et plus vous aurez des chances d’être recrutés.

Les métiers qui recrutent le plus : infirmières, médecins, les métiers du bâtiment, ceux de l’hôtellerie et de la restauration. Pour pouvoir travailler en Suisse, sachez qu’un permis de travail est nécessaire. Il est facile à obtenir pour les français et les belges, à condition d’avoir une promesse d’embauche. Hors UE, c’est plus compliqué, car des quotas sont appliqués.

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Venir avec ses enfants


Trouver du travail en Suisse c’est bien, un logement aussi. Sauf que quand on a des enfants, on souhaite vite les faire venir. Normal. Pour ceux qui ne parlent pas la langue du canton (français ou allemand, c’est selon), l’intégration n sera pas évidente, d’où la nécessité de les inscrire au plus vite à des cours intensifs de langue leur permettant une intégration rapide dans leur nouveau pays. Le regroupement familial est à ce prix. Toutes les écoles en proposent.